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Les Pontifes des Dieux

 

Alors que les historiens de l’art lient le plus souvent la création artistique à une aspiration transcendante, interrogeons-nous sur l’origine de l’art. Si l’intelligence abstraite, le langage et une certaine forme de sociabilité sont l’apanage de l’espèce humaine, cela entraine une contrepartie dont nous n’avons pas fini de subir la pression : la prise de conscience de la fugacité notre existence.

Cet éblouissement des sens qu’est l’art, ce mensonge comme le souligne Picasso, serait alors une tentative désespérée de dépasser notre finitude, une exacerbation des potentialités de l’individu au sein de l’espèce.

En dehors des indispensables comportements de survie, l’homme exécute des actes signifiants, à la limite du rituel[1] pour apprivoiser, domestiquer le chaos environnant et amignoter les forces ennemies.

S’approprier les forces naturelles, en les mimant et en les ritualisant est probablement ce à quoi, dès l’origine, nos aïeux ont voulu s’essayer. Ce contrôle par la magie, cette forme de communication, essentielle pour la cohésion et la survie du groupe, ces artefacts ont conféré à Homo Sapiens une supériorité décisive face à la quinzaine d’espèces rivales du genre Homo.

 

Le désir que nous avons de nous survivre, a fait accorder à l’âme, l’éternité individuelle dont la durée des phénomènes cosmiques donnait la vaine apparence[2].

Cette constatation pour le moins désespérée décrit a posteriori un état d’esprit que nous pouvons suspecter chez nos ancêtres. Ce désir, ce besoin d’absolu, cette conjonction avec les sphères célestes et avec la nature omnipotente ont très tôt partitionné l’humanité en distinguant ouailles peureuses et grégaires, et esprits forts, eux-mêmes se présentant comme intercesseurs d’une immanence divine.

Ces passeurs, pontifex entre les forces supérieures et leurs adeptes ont de tout temps utilisé les mystères du monde réel pour s’assurer d’un pouvoir de coercition sur le reste du troupeau.

 

[1] Quand on considère la vie et le comportement des hommes sur la terre, on s’aperçoit qu’ils exécutent, en dehors des actes qu’on pourrait appeler animaux, comme l’absorption de nourriture, etc., des actes revêtus d’un caractère spécifique qu’on pourrait appeler des actes rituels.

In Ludwig Wittgenstein, Remarques sur "Le Rameau d’or" de Frazer. In : Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 16, sept 1977, pp. 35-42.

[2] Elie Faure, Histoire de l’Art – L’Art Antique, Plon, Paris, 1939, p.53.

 

 

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