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Un seul témoignage indique une utilisation liturgique de l’orgue : une inscription rhodienne du IIIe siècle indique que parmi d’autres libéralités, M. Aurelius Cyrus, prêtre de Dionysos donne 360 deniers (un par jour) au joueur d’orgue chargé de « réveiller le dieu » [1].

Ces représentations graphiques, ou littéraires, corroborent l’existence de ce type d’orgue hydraulique dans les périodes concernées ; mais quand est-il de vestiges plus techniques, d’orgues sinon complet, au moins suffisamment entier pour apprécier leurs qualités acoustiques et mécaniques.

 

Et bien les vitrines des musées en proposent quelque uns :

Le premier a été trouvé enfoui dans les cendres de Pompéi et s’expose dans la vitrine des strumenti musicali du Museo Archeologico de Naples, sous le numéro d’inventaire 125187. Découvert en  1877 et brièvement décrit par A. Sogliano[2] en 1899, il figure au catalogue de la Mostra Augustea della Romanita de 1938[3] et a longtemps été considéré comme une sorte de syrinx…

Plus tard, dans les années soixante, un examen plus approfondi a révélé des fentes rectangulaire à grand axe vertical, sur les 2ème, 5ème et 6ème tuyaux. Comprises comme perce harmonique, ces fentes induisent un raisonnement corroborant la fonction acoustique, ce qui, soit dit en passant, néglige l’absence de pied et de biseau dans le corps des flûtes.

Ces considérations ne tiennent pas compte non plus de la forme et de la matière de la pièce examinée. Nous sommes en face d’une plaque de métal (bronze ?) de 39 x 32 cm, pleine et épaisse de 2,5 cm. Les pseudo-tuyaux s’alignent dans le même plan que la façade. Ce qui élimine la possibilité d’une alimention en vent, sauf à considérer que les gravures soient rainurées dans cette faible épaisseur. Ce qui semble peu problable !…

Certains prétendent que le poids de la lave a écrasé le pnigée, jusqu’à l’applatir complètement[4]… Qu’en est-il alors des tuyaux cylindriques qui non seulement ont gardé leur forme, mais aussi leur perce ?

 

Nous ne pouvons envisager une déformation aussi sélective !

Certes, les onze tuyaux, de hauteur décroissante (de 26 à 11 cm – leur diamètre variant de 19 à 17mm) rappelle l’implantation d’un ensemble d’aulos. Mais nous avons déjà remarqué que de nombreuses représentations ont retenu ce motif, iconique pour caractériser l’instrument.

 

D’aucuns ont spéculé sur l’absence de clavier, de soufflerie ou de sommier, pensant que les anciens fouilleurs avaient négligé ces débris techniques, déformés, écrasés, dispersés par l’éruption catastrophique. D’ailleurs, une deuxième plaque a été trouvé, toujours dans les ruines pompéiennes, aussi à la fin du XIXe siècle et a subi le même manque d’égards…

Bien que d’un intérêt iconographique certain, cet élément semble correspondre plus à une applique décorative, une enseigne par exemple, se voulant la plus réaliste possible qu’à un instrument acoustique et ayant été fonctionnel.

 

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[1] Un passage très curieux est celui du joueur d’orgue (ύδραύλης) chargé de réveiller le dieu. Il s’agit peut-être d’une fête triétérique accompagnant le réveil du dieu censé mort, analogue à celle qui se célébrait tous les deux ans à Delphes au mois Dadophorios.

Cf. le texte déjà rapproché par Hiller (Plutarque, De Isid. Et Osir., 35), όταν αί Θυιάδες εγείρωσι τον Λικνίτην et aussi l’Hymne orphique n° 53 (3). Mais la solde attribuée au joueur d’orgue (360 deniers) fait soupçonner qu’il était mis à réquisition tous les jours. Il est probable que, dans le rituel rhodien primitif, la partie musicale était confiée à un aulète ; la substitution du joueur d’orgue au joueur de flûte est un signe des temps ; elle annonce le rôle futur de l’orgue dans les cérémonies du culte chrétien.

Il y a quelques années M. Ruelle écrivait dans le Dictionnaire des Antiquités (art. Hydraulos, p. 317) : « Nous ne sommes pas fondés à croire que l’hydraule, pas plus que l’orgue pneumatique, ait été en usage dans les cérémonies religieuses soit païennes soit chrétiennes dans l’antiquité. » On voit que notre texte vient corriger cette assertion trop générale.

Contoléon A.-E., Reinach S., Reinach Th., Inscriptions des îles. In : Revue des Études Grecques, tome 17, fasc. 75, 1904. pp. 210 & suiv.

[2] A. Sogliano, Pompei preromana, Roma, 1937.

[3] Le pouvoir mussolinien a utilisé tous les feux de la propagande nationaliste pour récupérer les inventions de l’humanité en en faisant endosser la paternité aux anciens italiens comme par exemple cette filiation supposée entre l’invention de la voiture automobile par Leonard de Vinci et son développement par la Fiat…

[4] La pièce a été trouvée sous 3m80 de remblai.

 

 

 

 

 

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