entete-crasse.jpg

FIND

Le miroir des hommes

 

La révolution de 1789 n’est pas seulement un changement politique à l’intérieur de ce qui n’est pas encore l’hexagone France.

Les répercutions internationales bouleversent profondément les mentalités, incite à l’émergence d’un nouveau découpage social, mais aussi à un partage différent des richesses et par conséquent à la nécessité de créer des produits adaptés aux derniers arrivés sur le marché de la consommation.

La bourgeoisie intermédiaire, celle-là même qui arrive aux affaires découvre le confort, les commodités et n’ayant pas les moyens d’asservir une classe subalterne, se doit d’inventer d’autres formes de luxe. Fini les laquais en perruque poudrée, les grands équipages, le luxe suranné des lampas brochés, plus d’orchestres de violons aux masques simiesques.

Désormais de plantureuses paysannes assurent le service chez Monsieur Prud’homme, la malle-poste, puis le chemin de fer lui permettra de contrôler ses succursales de province ; et l’orchestre sera mécanique. Le cylindre pointé se démocratise, les musiciens écrivent des opéras où de belles courtisanes noyées de fleurs se meurent de phtisie, aussitôt repris par les orgues de salons bourgeois. Musique aussitôt écrite, cylindre aussitôt piqué…

La diffusion de la musique à la mode se fait à ce prix là.

En 1863, Olivier Métra reçoit 150 francs de son éditeur contre la remise du manuscrit de la Valse des Roses ; celui-ci en tire plus de deux cent milles francs. Et si le compositeur n’en tire plus aucun profit, cette œuvre une fois tombée dans le domaine public, le porte au summum de la gloire. Cette valse a été jouée, chantée, dansée ; tous les orgues de Barbarie l'ont exécutée dans les rues et sur les places de toutes les villes de toutes les provinces, dans les cours de tous les hôtels, l'ont exécutée ou plutôt l'ont grincée d'une façon atroce, et la grince encore.

Terrible sort que celui des airs célèbres. Charles Gounod se lamentait en entendant sa valse de Faust, égrenée au coin d’une rue par un orgue de mendiant   : Nous autres musiciens, nous n'arrivons à la popularité que par la calomnie.

Le XIXe siècle va apporter un élément supplémentaire en favorisant les grandes migrations. A cause de la pauvreté, des persécutions subies ou d’un découpage géographique imposé, des populations entières se déplacent. Pour supporter le déchirement du départ, ces migrants conservent leur culture, essentiellement orale et donc leur musique. Ils traverseront l’Europe, puis les océans avec quelques airs de chez eux, joués par des instruments de voyageurs, flûte à bec, violon-sabot, puis vient le tour des orgues que l’ont dit de barbarie.

Certains plus ingénieux, plus entrepreneurs, plus sédentaires vont faire souche dans le pays d’accueil et réparer, raccommoder les instruments de leurs congénères. Puis en fabriqueront. D’ailleurs nous verrons dans ce chapitre que certains en tireront une gloire certaine.

Le XIXe siècle est avant tout le temps des folles inventions. Toutes les combinaisons mécaniques, tous les essais de formes, de matières, de procédés sont tentés, analysés, commercialisés.

C’est l’époque du développement des grands empires sidérurgiques. Les maîtres de forges sont maîtres du monde… Pour quelque temps. La diversification de la production des hauts-fourneaux des Wendel, Krups, Schneider, qui ne peuvent pas faire que des canons et des rails, imposent de s’approprier les fabrications artisanales locales, suisses en autres, pour en faire des produits de grande diffusion.

Les centres sidérurgiques produisent les produits plats, en bobines qui sont ouvrés dans des usines regroupée à Leipzig.

Si le XIXe siècle se prolonge jusqu’à cette fin dramatique qu’est la déclaration de première guerre mondiale suivant l’assassinat de l’Archiduc d’Autriche à Sarajevo le 28 juin 1914, la rupture esthétique décisive entre Art Moderne et ancien se situe plutôt en 1895, année de naissance du cinéma, de la découverte des rayons X, de la radio-téléphonie, des premiers pas de la psychanalyse et de la neurologie[1].

 

[1] Lire à ce propos l’essi sur l’art moderne de Jean Clair, Hubris, la Fabrique du Monstre dans l’Art Moderne. Homoncules, Géants et Acéphales, Gallimard, Paris, 2012.

 

tippoo 01

ruckenklavier ignaz bruder couv

Araktcheiev et Alexandre de Russie

Bharatpore aquarelle

MENTIONS LEGALES
LE LUDION Sarl                +  33 561 573 722
Fondée en 1976  -  Capital de 120.000 euros
SIRET 334 256 120 00026           NAF 3220Z
Ident TVA                         FR 26 334 256 120
2 rue Pierre de Fermat     31000 TOULOUSE
RCP MMA IARD                     N° 113 520 312