Essai de Classement

des Progrès Techniques dans l’Industrie de la Boîte à Musique au XIXe siècle

REMARQUES PRELIMINAIRES

 

 

Cet essai de classement succinct est inspiré de travaux plus importants qu’ont pu mener des chercheurs passionnés par la haute technicité et la poésie de ces lames vibrantes que sont les Boîtes à Musique. Etienne Blyelle, fondateur du Conservatoire Autonome des Boîtes à Musique -le CABAM de Genève- est de ceux-là et je ne pourrais pas aborder un tel sujet sans lui rendre l’hommage qu’il mérite.

La classification par époque correspond plus à une conception technique donnée, qu’à une datation précise. Ainsi nous remarquerons que les musiques à plateau dites primitives se trouvent assez tardivement dans l’horlogerie, car particulièrement adaptées aux formats plats des montres de gousset, et que les mouvements de type tabatière ont perduré dans des objets de petites tailles, bien après que l’on ait perdu l’habitude d’utiliser leur précieux coffret comme réserve à tabac de poche.

L’invention à proprement parler de la boîte à musique, c'est-à-dire un ensemble cohérent de lames d’acier sonnant suivant une gamme musicale tempérée, date de 1796 quand Antoine Salomon FAVRE, de Genève, prend à l’étau une barre d’acier et la fait vibrer. Très vite les artisans horlogers du Jura, et les «Cabinotiers» de Genève voient l’intérêt que cela présente et en équipent montres, bijoux et autres objets précieux dont les aristocrates de l’Empire aiment à s’entourer. 

1ère époque (1796 – 1830)

Dans les premiers temps, les lames sont montées une à une sur des platines de bronze. Puis d’habiles artisans arrivent à regrouper les lames par blocs de 2 puis 3, et enfin par bloc de 4 ou 5. Le plus souvent les lames sonores sont montées rayonnantes autour de plateaux tournants portant les précieux picots ; ce qui est particulièrement adapté pour les mouvements plats nécessaires dans les bijoux. Toutes les pièces sont réalisées et ajustées à la main. Ce qui caractérise un travail de type «horloger». Les entraînements sont le plus souvent «à fusée» ; les cylindres sont très longs et maigres, les picots rares. Ces musiques accompagnent, «rehaussent» de superbes pendules, des montres à systèmes, des bijoux et objets précieux. Pratiquement jamais d’indications des airs.

2ème époque (1830 - 1855)

En 1814, François LECOULTRE réalise un clavier en une seule pièce. C’est le début de l’instrument de musique automate, installé dans des coffrets très sobres, souvent en bois massif, rougi à l’intérieur (survivance d’un procédé pour le traitement du bois contre les parasites) enserrant étroitement de superbes mécaniques de bronze et d’acier. Ces pièces sont recherchées plus pour leurs qualités musicales que pour leur apparence. Les commandes sont souvent sur le côté avec l’arrêt immédiat en cours d’air - reste «fossile» de l’époque utilitaire. Les plots de claviers sont en laiton l’encliquetage reste classique.

3ème époque (1855 - 1870)

Période transitoire : toujours de très beaux mécanismes dans des boîtes enrichies. Le levier de remontage remplace la clef. La Boîte à Musique devient un instrument de Musique mécanique à part entière et son marché s’étend aux mélomanes qui se tiennent au courant des derniers airs à la mode Les plots de claviers sont en zinc, l’encliquetage de flanc. Cartes des airs sobres, voire austères.

4ème époque (1870 - 1890)

Sans doute l’Age d’Or. De somptueux coffrets richement marquetés abritent des mécanismes à la parfaite musicalité et dotés de nombreux perfectionnements  sélecteur d’air manuel, accompagné d'indicateur cylindres interchangeables ; Zither (rouleau de papier de soie, que l’on appuie sur les lames pour en changer le timbre) ; superbes cartes des airs chromolithographiées.

5ème époque (1890 - 1914)

Les dernières améliorations sont essentiellement dues à l’industrialisation des procédés de fabrication Nickelage des parties mécaniques. Multiplication des possibilités d’interchangeabilité des cylindres Adjonction de percussions automates. Les industriels et leurs capacités de production importantes multiplient les objets souvenirs ou même utilitaires avec une musique. De la chaise au dessous de plat, en passant par les albums de photos et les carafes...

 

 

Notices biographiques

de quelques Facteurs de Boites à Musique

 

Est-ce parmi les Instruments de Musique, dans la Bijouterie, dans la Mécanique, dans l’Horlogerie que je dois placer la fabrication de ces pièces compliquées, où sous des volumes et des formes variées, l’Art est parvenu à produire des sons mélodieux par des mécanismes analogues à ceux des montres.
M. de CAUDOLLE, Extrait du Rapport sur les produits de l’Industrie Genevoise, 1828.

 

FAVRE Antoine Salomon

Genevois, il est le premier dès 1796, à joindre des musiques à lames vibrantes aux montres de poche. A ne pas confondre avec les carillons et autres instruments automatiques déjà utilisés aux siècles précédents.

BREMOND

Grande famille genevoise à qui l’on doit une production de grande qualité.

NICOLE François

En 1827, il invente l’étouffoir ce qui permet de plus grandes musiques à plusieurs airs. D’abord en parchemin, puis en plume d’oie et enfin en acier ressort (spiraux).

LECOULTRE François

En 1814, il réalise le premier clavier en une seule pièce. En 1822, il ajoute des masselottes de plomb aux lames basses pour accentuer les sonorités graves.

BRUGUIER Charles & Jacques

Famille d’automaticiens, spécialisés dans les oiseaux chanteurs dès le début du XIXe siècle, à la suite de Jaquet-Droz, Rochat... Curieusement Jacques serait le gendre de Charles Abraham.

PIGUET Isaac (par la suite associé à Meylan)

En 1802 il construit un petit jeu de musique composé de cinq tons. En 1809 il livre à Napoléon Ier des tabatières à musique pour récompenser ses généraux

MEYLAN Philippe (par la suite associé à Piguet)

Initiateur des musiques à plateau, particulièrement adaptées aux montres et autres bijoux ronds.

BONTEMS Blaise & Lucien

Famille d’automaticiens, spécialisés dans les oiseaux chanteurs au milieu du XIXe siècle, jusqu’à la première guerre mondiale.

CUENDET Jules

Industriel de Sainte Croix comme Thorens et Ullmann, il produit de petits mouvements pour les articles de la maison.

L’EPEE Auguste

Horloger français connu pour ses pendules d’officier, développe tout au long du XIXe siècle (1830-1914), une production originale de cartels à musique depuis ses ateliers de Sainte Suzanne de Montbéliard.

PAILLARD

Après une activité artisanale, Il crée la première ligne de production industrialisée à Sainte Croix (Suisse) en 1875. Cela rompt avec l’usage des fabrications à domicile dans les campagnes pendant l’hiver.

ALIBERT François

Horloger parisien installé rue Jean Jacques Rousseau de 1812 à 1830, il utilise très tôt les musiques genevoises (principalement M.Bordier) puis de Ste Croix pour agrémenter ses propres productions.

DUPIN

Artisan utilisant surtout des ébauches de L’Epée, remarquable pour ses arrangements.

REBICEK (RZEBISTCHEK)

Fabricant tchèque installé à Prague. Concurrence les productions de Ste Croix avec des mouvements de conception primitive, avec de très bon arrangements musicaux. L’orthographe de son nom évolue suivant les époques.

BORDIER M.

Réalise dans la première moitié du XIXe siècle de superbes tabatières à musique qui équipent souvent les pendules des horlogers parisiens.

THORENS

Industriel de Sainte Croix comme Cuendet et Ullmann, il produit de petits mouvements pour les articles de la maison et évolue même vers le phonographe.

 

 

 

LEXIQUE

des Termes qualifiant les Boites à Musique

 

Les cartes des airs portent souvent des intitulés brillants mais pas toujours dans la logique des terminologies d’aujourd’hui. Voici quelques termes relevés sur les cartels présentés et leur explication.

 

PICCOLO

L’arrangement «piccolo» reprend dans les dessus, certains trilles ou répétitions de notes aiguës.

ZITHER

Le «Zither» est un accessoire constitué d’un volet métallique supportant un rouleau de papier de soie. A volonté, il est possible de poser le rouleau en question sur les lames de façon à en changer le timbre et donner ainsi l’impression de cordes pincées, pour un effet «cithare».

MANDOLINE

L’effet «mandoline» est constitué par la répétition de (4 à 6) notes, le plus souvent de différentes lames jouant la même note pour éviter les distorsions harmoniques.

ORGANOCLEïDE

C’est une riche extension en densité de l'effet mandoline jusque vers les tons barytons mezzo avec une répétition pouvant aller jusqu’à 9 notes. L’effet veut imiter la note tenue, comme dans l’Orgue.

SUBLIME HARMONIE

Il s’agit de faire jouer la même partition par deux claviers simultanément. Le résultat intéressant vient des légères dissonances induites, ce qui «sublime l’harmonie ». A rapprocher des effets «Céleste» de l’orgue.

PIANO FORTE

Là aussi deux claviers, l’un pour les effets «Piani», l’autre pour les «Forte», accentuations de certaines parties. Il arrive que cet effet soit réalisé par certains facteurs en utilisant des picots de différentes longueurs. Après l’implantation et le frisage d’égalisation des goupilles courtes, le piqueur procédait à l’implantation d’une série de goupilles plus longues, levant les lames plus haut, donc jouant plus fort.

DEUX AIRS AU TOUR

Sur un cylindre de grosse taille, il est possible de noter deux airs sur le même tour, en suivant, tout en conservant une durée acceptable.

DEUX TOURS A L’AIR

Pour se libérer de la contrainte de la durée d’un tour, la notation prévoit le déplacement du limaçon et enchaîne la suite de la pièce musicale sur le deuxième voire le troisième tour.

PLERODIENIQUE

Pour pallier le silence que cause la translation du cylindre lors du changement d’air, une amélioration consiste à créer deux cylindres télescopiques, s’emboîtant en partie médiane, tournant ensemble, mais dont la translation s’effectue chacune son tour, et indépendamment, de façon à ce qu’il ait toujours des picots en faces des lames et qu’il n’y ait pas d’interruption pendant le passage d’un tour à l’autre.

VOIX CELESTES


Dans l’orgue, il s’agit d’un léger vibrato obtenu en faisant  battre les notes de deux jeux de flûtes accordées à l’unisson (Cf. l’effet «Sublime Harmonie» plus haut) ; dans la boîte à musique, c’est un jeu d’anches libres fonctionnant grâce à une soufflerie actionnée par le mécanisme, et commandé par le cylindre ; les notes sont alors des ponts ou agrafes, au lieu de picots. Ce timbre s’additionne alors à celui des lames vibrantes.

 

 


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